Irlande du Nord

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L’Irlande du Nord, contrairement à sa grande soeur la République d’Irlande (au sud), est une des nations constituantes du Royaume-Uni. Les habitants sont donc des sujets de sa Majesté Elizabeth II, et leur drapeau l’Union Jack britannique. Avant d’y mettre les pieds, je n’imaginais pas la beauté de l’Irlande du Nord. Bêtement, dans ma tête, Irlande du Nord rimait avec guerre civile et toutes ces images de combat des journaux TV de mon enfance…et on n’imagine pas la guerre dans un paysage de rêve. Si la région, (et surtout Belfast) a souffert des troubles religieux, elle est désormais apaisée et attractive pour qui veut bien la découvrir.

BELFAST, ANTRIM

Après 30 ans de « troubles », Belfast renaît enfin. Il en aura fallu du temps pour que la capitale nord-irlandaise ne fasse plus peur. Il faut dire que son image était sacrément ternie par la « guerre civile » (qu’il ne faut pas nommer ainsi) entre les protestants (pro-UK) et les catholiques (séparatistes). Mais depuis les Accords du Vendredi Saint en 1998, qui mirent officiellement fin aux années troubles, Belfast fait peau neuve et attire de nouveaux touristes.

La nouvelle visite numéro 1 à Belfast est le musée Titanic Experience. Depuis la découverte de l’épave en 1985 et le fameux film de 1997, le souvenir du Titanic est rentable pour tout ce qui s’en approche de près ou de loin (en ce moment encore, une grande exposition d’objets provenant du paquebot parcourt le monde). Sauf Belfast. Pourtant, c’est ici qu’a été construit le Titanic…mais il aura fallu un siècle à la ville pour sortir de son mutisme sur le sujet. Depuis le naufrage, le Titanic était en effet devenu tabou dans la ville, une sorte de honte collective qu’il valait mieux enterrer. Les ouvriers de Belfast avaient été montré du doigt suite à la tragédie. Les chantiers navals étaient à l’abandon, la ville en déclin. Et puis, les habitants de Belfast ont fini par relever la tête et assumer leur passé. Pour marquer le centenaire du voyage inaugural du Titanic, la ville s’est dotée en 2012 d’un magnifique musée à l’endroit même sur les docks où le paquebot fut construit (avec son jumeau l’Olympic). Avec lui, tout le front de mer fut réhabilité donnant une nouvelle vie à Belfast. Les touristes sont arrivés, comme ils sont allés à Bilbao, ville espagnole sauvée par le musée Guggenheim. Le musée ne se focalise pas sur la fin tragique du paquebot, même si on ne pouvait pas éviter de finir la visite sur le sujet avec un bel hommage aux disparus. En revanche, il n’y a par exemple pas de reliques extirpées du fond de l’épave. Si vous êtes dans le culte du naufrage, le musée vous décevra. La plupart du musée explique plutôt comment le Titanic et l’Olympic furent construits et dans quelles conditions. Il ne faut pas oublier qu’ils étaient à l’époque les plus grands bateaux du monde, une prouesse industrielle et donc une fierté pour les constructeurs Harland and Wolff.

Encore de nos jours, les symboles de la ville sont les deux grues de construction navale d’Harland and Wolff baptisées Samson et Goliath qui dominent la ville. Derrière le musée du Titanic, on peut apercevoir des hangars abritant un autre renouveau de Belfast: des studios de cinéma. C’est une réussite récente de la ville car ils accueillent notamment le tournage de la série à succès Game of Thrones. Beaucoup de scènes extérieures de la série sont également tournées dans les magnifiques paysages d’Irlande du Nord…ce qui en fait un nouvel attrait pour les touristes.

irlande du nord

Un autre des monuments principaux de la ville est l’Albert Clock situé sur Queen’s square. Érigé en 1869, il a été commandité par la reine Victoria pour rendre hommage à son défunt mari le prince consort Albert. Il a la particularité de s’incliner sérieusement, ce qui lui vaut le surnom de « tour penchée de Belfast ».

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.Le Belfast City Hall, la mairie de Belfast, a un petit air du Capitole américain. Il date de 1906. Le bâtiment est massif et représente ce début de XXe siècle, âge d’or de la ville. La reine Victoria avait attribué à Belfast le statut de « ville » quelques années plus tôt. N’hésitez pas à visiter la mairie, ne serait-ce que pour son escalier central en marbre.Irlande du nord

.St George’s Market (situé sur East Bridge Street) est l’un des endroits de Belfast les plus agréables pour flâner. Construit à la fin du XIXe siècle, le lieu fut pourtant un marché depuis 1604. C’est désormais un marché couvert victorien plein de charme où il fait bon arpenter les allées à la recherche de mets et produits locaux, d’artisanat ou même d’antiquités.

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Si vous vous baladez au bord de la rivière Lagan, vous ne pourrez pas rater le Big Fish! Il s’agit d’un saumon de 10m de long imaginé par l’artiste John Kindness en 1999 pour marquer le renouveau du quartier (Donegall Quay). Chaque écaille est un morceau de céramique bleue sur lequel est inscrit des poèmes, des extraits de journaux etc…qui racontent l’histoire de la ville.

Irlande du nord

Ce bâtiment a l’air d’un château mais c’est en fait Queen’s University. Cette université a été fondée en 1845, surtout pour accueillir des étudiants catholiques et contre-balancer le pouvoir de l’université de Trinity College à Dublin (anglicans). Elle est située près des jardins botaniques.irlande du nord

Belfast Castle, le château de Belfast, est situé sur la colline de Cave Hill et domine la ville du haut de ses 120m d’altitude. Son aspect assez austère rappelle les châteaux écossais dont il s’inspire. Il date de 1872. Et la vue vaut le déplacement!

.Le Palais de Stormont est un château des années 1930 qui abrite depuis 1998 l’Assemblée nord-irlandaise. En effet, depuis les Accords du Vendredi Saint, l’Irlande du Nord bénéficie d’un gouvernement local en charge des services publics, de l’éducation, de la santé, de la culture…même si Westminster continue de gérer le commerce, la diplomatie et la défense. Les nationalistes et les unionistes se partagent la Chambre des Communes.Irlande du nord

Par une matinée d’embouteillages garantis pour cause de marathon de Belfast, nous sommes sortis de la ville pour aller l’admirer de plus haut. La Divis Mountain vient d’être aménagée par le National Trust avec des chemins de randonnées de plusieurs niveaux. Elle ne fait peut-être que 480 m de haut mais de son sommet, on a une vue assez impressionnante sur Belfast (le temps est un peu bas sur la photo mais on peut voir les fameuses grues) d’un côté, et jusqu’au Lough Neagh de l’autre côté à plus de 50km.

Belfast a pourtant un autre visage. Oui, les « troubles » sont officiellement de l’histoire ancienne mais je n’avais jamais visité une ville si marquée et divisée encore aujourd’hui. On a du mal à imaginer que de nos jours, en Europe, les habitants d’une même ville s’opposent. A ma première visite de Belfast (en 2007), je ne m’étais pas aventurée au-delà du tour du centre-ville et pensais que les fameux murals (les murs peints à la gloire d’un camp ou l’autre) n’étaient que folkloriques pour les touristes, comme on va se prendre en photo devant le dernier pan du mur de Berlin. J’avais tort. Ces murs sont bien vivants, et les tensions avec eux. Mes visites suivantes à Belfast en 2013, 2014 et 2015 m’ouvrirent les yeux sur une certaine réalité. Dès que l’on sort de l’épicentre de la ville, on sait si on se trouve dans des rues protestantes ou catholiques, c’est flagrant. Non seulement, on peut voir les fameux murals un peu partout dans les quartiers, mais l’appartenance s’affiche avec les drapeaux aux fenêtres des maisons. C’est d’autant plus vrai à l’approche du 12 juillet, date du défilé annuel orangiste (protestant) qui ravive les animosités. Là non plus, ce n’est pas du folklore. Des heurts éclatent tous les ans à cette occasion car les Orangistes traversent des quartiers catholiques. D’ailleurs, en 2013 les Orangistes ont été interdits de passage dans certaines rues pour éviter des émeutes violentes comme celles de l’année précédente. Pire encore, qui imagine qu’au cœur de l’Europe, il existe encore des murs pour séparer les communautés? Il y en a une centaine à Belfast depuis 1972 et on les appelle les Murs de la Paix (Peace Lines). Hauts de plus de 5 m, ils sont censés empêcher les violences, mais n’empêchent pas les jets de projectiles de part et d’autres. Les murs qui traversent les rues peuvent s’ouvrir la journée, et se fermer le soir. Non, les protestants et les catholiques ne vivent pas en paix les uns avec les autres, ils évitent de se mélanger. Si on prend pour preuve le système éducatif, seulement 7% des enfants d’Irlande du Nord sont scolarisés dans des écoles dites « intégrées » (c’est-à-dire « mixtes », ni protestantes, ni catholiques), la nouvelle génération n’apprend donc pas à côtoyer son voisin. On reste bloqué dans le communautarisme.


CAUSEWAY COASTAL ROAD, ANTRIM

causeway coastal road irlande du nord

carte de l’office du tourisme d’Irlande

Irlande du nord
Cette route mythique longe la côte nord du pays en partant de Belfast jusqu’à Londonderry (environ 200 km). C’est une des plus belles routes du monde avec des vues irlandaises typiques, des petits villages, une mer aux milles couleurs, des collines verdoyantes…l’Irlande des cartes postales devant vos yeux (des yeux ébahis pour ma part!). Une balade de 200 km en voiture, on se dit que ça se fait facilement en une journée…mais c’est sans compter tous les arrêts au long du chemin, surtout si le ciel bleu est de la partie. Il faut savoir que dans cette région, le temps change très rapidement. En une heure, vous pouvez expérimenter un grand ciel bleu en t-shirt pour vous retrouver grelottant et complètement trempé par la pluie torrentielle et un ciel totalement bouché quelques minutes plus tard. C’est ce qui fait aussi le charme de l’Irlande.

Irlande du nord

le petit port de Carnlough

 

Entre Cushendall et Ballycastle se trouve le petit village de Cushendun à l’embouchure de la rivière Dun. Sa plage de pierres rouges était captivante, même sous les nuages.

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Par un petit détour le long de la côte, on arrive à Torr Head. La route s’arrête là. Tout au bout, on trouve une vieille station de garde-côtes. Par temps clair, ce qui n’était donc pas vraiment le cas à ce moment-là, on peut voir les côtes écossaises du Mull of Kintyre.

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Un tout petit peu plus loin se trouve la baie de Murlough. Il y a un petit air de bout du monde à cette route très sinueuse sur laquelle on croise les doigts pour ne croiser aucune autre voiture. Le cas doit être rare.

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On y croise surtout des moutons, beaucoup de moutons, et des vaches. Tout ce petit monde occupe allègrement la route sans se soucier si vous voulez passer donc il faut parfois prendre son mal en patience.

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Arrivés au bout de la route, tout en bas de la falaise, pas d’autre choix que de faire demi-tour et prier une nouvelle fois pour ne croiser personne en montant.

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Puis c’est le site de Carrick a Rede qui se dévoile une fois qu’on a passé Ballycastle. Ici vous pouvez faire une bonne pause dans ce cadre magnifique. Vous voyez les rochers qui avancent sur la mer? C’est ici le but de l’excursion. Il faut préciser que la balade est payante (environ 7€) et qu’elle est déconseillée si vous avez le vertige. Après quelques minutes à marcher le long de la côte, vous arriverez à un petit pont suspendu de 30 m de haut au-dessus de l’eau qui relie les deux rochers du bout. A la base, c’était un pont qui servait aux pêcheurs de saumons pour aller récupérer leurs filets. Néanmoins les pêcheurs ne s’en servent plus en ce moment pour préserver les ressources. Long de 20 m (et ne pouvant supporter que 8 personnes à la fois), le Carrick-a-Rede Rope Bridge peut faire peur (il est souvent cité parmi les ponts les plus impressionnants du monde). En toute relativité, il n’est pas non plus infranchissable mais comme il n’est constitué que de planches et de cordes, il bouge facilement. Cependant, la traversée vaut vraiment le coup. Une fois de l’autre côté, vous pourrez observer au loin les côtes écossaises. Vous pourrez observer également les oiseaux et les fleurs des rochers, et si vous vous retournez vers la terre ferme, vous pourrez voir des grottes qu’on aimerait bien partir explorer (et qu’on ne voit que si on a traversé). Comme dit précédemment, le temps est très changeant dans cette région, et à notre arrivée sur le site, le ciel était bien couvert. Heureusement, une fois au pont, le ciel s’était magiquement dégagé et le soleil caressait la côte. La mer a aussi changé de couleur, allant du bleu encre à certains endroits pour virer carrément au bleu turquoise presque transparent à d’autres endroits. C’était surréel de voir cette couleur de l’eau, je n’imaginais ça que sous les tropiques au bord d’une plage de sable blanc. La vue sur les côtes environnantes est splendide. Moi, j’avais l’impression de marcher dans une carte postale dans ce site.

Juste à côté se trouve le petit port de Ballintoy. Il se mérite car il faut encore une fois descendre à flan de colline sur une petite route sinueuse (mais moins perdue que Murlough Bay). C’est un port minuscule mais plein de charme. Il connaît une notoriété toute nouvelle car il a été un des lieux de tournage de la série Game of Thrones.

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Nous reprenons la route direction le but principal de ce road trip: la Chaussée des Géants. Pour tout dire, cela faisait des années que je rêvais de voir ce site exceptionnel et j’avais peur d’être déçue. Ma seule déception fut que l’accès au site était une fois de plus payant (environ 10€) mais ce n’est pas ça qui m’arrêta. Ni même le ciel qui se couvrait à nouveau de plus en plus. Le site est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1986…et en y mettant les pieds, on comprend pourquoi. La réputation du lieu attire d’ailleurs beaucoup de touristes (un peu trop même). Il faut marcher un peu avant de voir le site à proprement parler. On est d’abord ébloui (en tout cas pour ma part) par la magnifique baie qui s’offre à nous. Et puis on aperçoit cette langue de pierre avançant dans la baie (avec tous les touristes dessus).

Alors pourquoi est-ce que ce site s’appelle la Chaussée des Géants (Giants’ Causeway en anglais)? Le nom vient d’une légende locale qui veut qu’un géant appelé Finn MacCool construisit un chemin en jetant des pierres pour traverser la mer jusqu’en Ecosse. Il voulait affronter son ennemi juré, un autre géant du nom de Benandonner. Mais lorsqu’il le vit arriver sur le chemin, il prit peur et partit se cacher chez lui. Sa femme Oonagh le déguisa avec des vêtements pour bébé et lorsque Benandonner arriva dans la demeure, il fut effrayé par la taille gigantesque du bébé et repartit en Ecosse les jambes à son cou en prenant soin de détruire le chemin derrière lui afin que Finn MacCool ne traverse jamais la mer. Pour qui veut croire à la légende, sachez qu’il existe en Ecosse (sur le site de Staffa) un endroit avec des pierres similaires, qui serait donc l’arrivée de la chaussée. Bien sûr il y a une explication logique et géologique à la formation de cette chaussée, mais une fois sur place, j’ai bien voulu croire à la légende. Ces pierres sont découpées de façon parfaite, on dirait des tomettes. On a vraiment du mal à croire que c’est un site naturel, et non pas un site façonné par les hommes. Comme je ne comprends rien à la géologie, on m’a juste expliqué que ce « carrelage » était le fruit de l’érosion de la roche basaltique, initialement de la lave refroidie. Bon, je veux bien…mais pourquoi ça forme des colonnes hexagonales en forme d’orgues (qui deviennent avec l’érosion le fameux carrelage), alors là, je ne comprends toujours pas. Donc je préfère croire à la légende de Finn MacCool (comment ne pas y croire avec un nom pareil?). En tout cas, j’ai dû faire 10 000 photos à la Chaussée des Géants et prononcer environ 528 fois « wao, c’est trop beau ». Parce qu’en étant tout à fait objective, c’était vraiment splendide même avec la pluie.

Et pour admirer tout ça sous des angles différents, nous sommes montés tout en haut des falaises (merci les chemins balisés)…et on y a trouvé des moutons (évidemment!). Nous sommes repartis en passant obligatoirement par le centre d’informations, où il fallait rendre les audio-guides (dont je me suis très peu servi en fait) et faire le tour des objets souvenirs. Il faut bien justifier l’entrée payante.

Quelques kilomètres plus loin, le ciel devient menaçant jusqu’à nous tomber dessus en arrivant à Bushmills. Voilà le parfait timing pour une activité à l’intérieur. La distillerie de Bushmills est un incontournable en Irlande du Nord, même si vous n’aimez pas le whisky. Tout d’abord, parce que c’est la plus vieille distillerie de whisky du monde (ouverte en 1608!) et ensuite parce que c’est la dernière distillerie encore ouverte en Irlande du Nord. La visite est là aussi payante (environ 7€) mais très instructive, surtout pour ceux qui comme moi n’y connaissent rien. On passe par toutes les étapes de fabrication. En revanche, autant le dire, la très forte odeur de fermentation peut en incommoder quelques uns. Les guides sont très clairs dans leurs explications, et une dégustation du whisky de votre choix est prévue à la fin de la visite (on peut aussi se restaurer dans la cantine de la distillerie).

 

Après cette pause revigorante, nous reprenons la route avec toujours des paysages à couper le souffle.irlande du nord

Nous faisons un arrêt au château de Dunluce. Il ne reste que des ruines de ce château du XIVe siècle, il est accroché au bord de la falaise (je parie que vous ne l’aviez pas remarqué sur la photo tellement il se fond dans le paysage). Il a été détruit par une grosse tempête au XVIIe siècle. Avec le soleil couchant sur les ruines, c’est limite si je m’attendais pas à voir surgir un fantôme. D’ailleurs il aurait inspiré C.S. Lewis pour ses Chroniques de Narnia. L’entrée est payante, mais la partie gratuite est grandement suffisante pour les curieux car on pénètre quand même dans certaines parties du château (d’ailleurs je n’ai pas fait la visite payante).

Et puis nous filons à Portrush. C’est une petite station balnéaire typiquement britannique qui m’a fait penser aux stations balnéaires du Devon notamment. On trouve beaucoup de restaurants autour du port, poisson frais garanti!irlande du nord

Dernier arrêt sur la Causeway Coastal Road, la plage de Downhill. Nous sommes passés alors dans le comté de Londonderry. La plage fait 11 km, et particularité qu’on ne trouverait pas en France, on peut aller sur la plage en voiture! Nous nous sommes arrêtés juste à la sortie du village de Castlerock pour admirer la plage juste en-dessous du Mussenden Temple. Il a été construit en 1785 en s’inspirant du Temple de Vesta à Rome. C’était une bibliothèque. L’édifice est assez surprenant dans ce paysage irlandais. Fin du road trip pour nous.


DARK HEDGES, ANTRIM

Les Dark Hedges (« les haies sombres ») sont perdues au milieu de nulle part près de Stranocum. Cette petite route bordées de vieux hêtres était totalement inconnue il y a encore 3 ans, jusqu’à ce qu’elle serve pour une scène de la série Game of Thrones. Tout le monde a alors découvert la beauté de ce petit bout de route. Elle draine désormais des dizaines de touristes et c’est un peu le bazar. Les locaux ont du mal à y circuler, les touristes sont au milieu des voitures quand ils ne se garent pas eux-mêmes en plein milieu de la route. Touristes ou pas, ces arbres sont absolument magiques.


STRANGFORD LOUGH, DOWN

A l’est de Belfast se trouve le grand lac de Strangford Lough (150 km²). D’ailleurs, lough veut dire lac en irlandais. Il est bordé de petits villages très mignons où on peut s’arrêter le dimanche pour manger au pub au Sunday roast (ou un Guinness pie!). Les rives du Strangford Lough ont aussi servi de décor naturel à la série Game of Thrones.

.Le lac de Strangford Lough a des dizaines de méandres et d’îles,  certaines sont même habitées.  Pour accéder à l’île de Mahee, il faut d’abord traverser l’île de Reagh, oui il faut passer d’île en île! Sur l’île de Mahee, on peut même trouver un golf et un vieux monastère en ruines.  Le Nendrum Monastery aurait été construit au Ve siècle et détruit autour du Xème siècle. Il a été fondé par St Mochaoi sur la demande de St Patrick. Entouré d’eau, ce monastère est vraiment plein de charme.

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En-dessous de l’île de Mahee, on peut aller sur l’île de Sketrick. Celle-ci est accessible directement par les terres par un petit passage dégagé. A l’entrée de l’île, voici le château de Sketrick (ou du moins ce qu’il en reste). Il date du XIIe siècle.

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.La Scrabo Tower borde également le Strangford Lough.  Elle s’élève sur une colline de 160 m et fait 125 m de haut. Elle a été construite en 1857 en l’honneur de Charles Stewart marquis de Londonderry. Vous pouvez monter les 122 marches pour accéder au sommet et avoir une vue imprenable jusqu’à Belfast si le temps le permet.  Ce qui ne fut pas mon cas…pluie et vent fort en haut de la tour, mais l’ascension valait quand même le coup.

 Tout en bas du Strangford Lough se trouve le village de Portaferry (rive est). A cet endroit, les eaux du lac rejoignent la mer d’Irlande, car le Strangford Lough n’est pas complètement fermé. Si on veut faire le tour du lac, il faut donc traverser ce petit bras de mer avec un petit bac (ah ça me rappelle le temps un peu lointain où l’on devait aussi prendre un bac pour aller sur l’île de Ré dans ma jeunesse). Ce petit ferry nous emmène donc de l’autre côté dans le village de Strangford. Au loin on aperçoit le domaine de Castle Ward (malheureusement payant donc je n’ai fait que passer).


MOURNE MOUNTAINS, DOWN

Profitant d’un autre roadtrip de Belfast à Dublin, nous faisons un détour par la région des Mourne Mountains (en irlandais na Beanna Boirche). Ces montagnes se trouvent tout au sud de l’Irlande du Nord au bord de la mer d’Irlande. Leur nom proviendrait du clan gaélique local:  Múghdhorna. Notre point de départ pour l’exploration (et le point de départ pour beaucoup de randonneurs), c’est la ville de Newcastle, juste aux pieds des montagnes. Les montagnes se jettent littéralement dans la mer d’Irlande et la route est très jolie du coup avec la mer d’un côté et les montagnes de l’autre.

Profitant d’une accalmie (très passagère) de la pluie, nous avons essayé d’aller marcher un peu dans la forêt au pied de la montagne Slieve Donard. Peu équipés, il a fallu rebrousser chemin au bout d’une demi-heure car les chemins et les pentes étaient trop glissants et la pluie se remettait à tomber. Mais la forêt est vraiment superbe.

Slieve Donard culmine à 850 m de hauteur et c’est le sommet le plus haut d’Irlande de nord.irlande du nord

.Nous traversons alors les Mournes en voiture avec quelques arrêts dès que le soleil sort le bout de son nez. Malheureusement, nous avions trop peu de temps pour aller marcher dans les montagnes mais la route (déserte) était magnifique et bordée par des petits murets de pierre typiques. Les Mourne Mountains m’ont fait découvrir un aspect de l’Irlande que je n’attendais pas. Dans l’imagination collective, l’Irlande est couverte de vert (et de moutons). Je ne pensais pas trouver des paysages dorés, comme brûlés. Ces montagnes sont comme désolées, presque stériles (même si elles sont en réalité recouvertes d’herbe sèche). Mais du coup, elles dévoilent des couleurs inédites. Le paysage m’enchante vraiment. Pas étonnant que John Lennon ait parlé de ces montagnes dans sa chanson The luck of the Irish: « If you could drink dreams like Irish streams, then the world would be high as the mountains of Mourne ».

Je crois que je pourrais résumer les Mournes avec cette photo: des collines, un ciel qui joue avec nous, des champs verts, des ajoncs disséminés dans tous les coins pour mettre un peu de couleur, des petits murets de pierre, et des moutons, des moutons et encore des moutons.irlande du nord

.Le ciel n’était vraiment pas de la fête sur la plupart de notre traversée et les montagnes étaient souvent perdues dans la brume et l’épais brouillard. C’était très impressionnant de le voir descendre sur nous ainsi, et ça a donné un côté très dramatique à notre road trip.

Mais quand le soleil a pointé le bout de son nez quelques minutes, nous en avons profité pour nous arrêter au bord du lac de Spelga Dam (un petit lac avec un barrage) pour admirer la vue.


DOWNPATRICK, DOWN

Downpatrick est le chef-lieu du comté de Down. C’est une petite ville de 10 000 habitants. Si la ville est fréquentée par les touristes aujourd’hui, c’est qu’elle est la ville de saint Patrick, le saint patron des Irlandais. On le célèbre un peu partout dans le monde désormais tous les 17 mars (il serait mort le 17 mars 461), avec des monuments célèbres parés de vert comme le London Eye à Londres, l’opéra à Sydney, l’Empire State Building à New York, la tour de Pise en Italie, le Sphinx en Egypte…et surtout avec des millions de litres de bière.irlande du nord

Le centre d’informations de saint Patrick était malheureusement fermé lors de ma visite donc je n’ai pas pu en apprendre beaucoup plus sur la vie de ce saint si célébré. Il a vécu au Ve siècle. D’après la légende, il est né en Angleterre mais il fut capturé par des pirates et vendu comme esclave en Irlande. Des années plus tard, il s’enfuit après avoir entendu les conseils de Dieu et rentre en Angleterre. Devenu évêque, il retourne en Irlande afin d’évangéliser l’île. Il est donc considéré comme le père du christianisme irlandais. La légende raconte qu’il a chassé tous les serpents d’Irlande. Voici la pierre tombale, assez massive, de saint Patrick, située dans le cimetière aux abords de la cathédrale de Downpatrick. Son symbole est le trèfle car saint Patrick l’aurait utilisé pour expliquer la sainte Trinité à ses paroissiens. C’est désormais le symbole de l’Irlande.irlande du nord

La cathédrale adjacente est dédiée à la sainte Trinité. Elle domine la ville car elle a été construite sur une colline. Elle n’existait pas à l’époque de saint Patrick. Elle ne date que du XIXème siècle, mais la première église sur le site daterait du XIIe siècle. Elle appartient à l’Eglise d’Irlande qui est une communauté autonome de la religion anglicane et ne dépend donc pas de l’archevêque de Canterbury. Elle a à sa tête l’archevêque d’Armagh.

.Downpatrick est situé sur la rivière Quoile. Sur la rive d’en face se trouvent les ruines de l’Abbaye de Inch. Inch Abbey est une grande abbaye gothique du XIIe siècle. Elle fut érigée sur les ruines d’un ancien monastère par John de Courcy, un cistercien, pour se racheter de la destruction de l’abbaye d’Erinagh.

Irlande du nord

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3 réflexions sur “Irlande du Nord

  1. Pingback: sur les traces de Game of Thrones en Irlande du Nord | trottine autour du monde

  2. Merci pour cet article très détaillé.Je vais faire suivre l’article à mes amis, si avec ça je n’arrive pas à les convaincre d’aller en Irlande du Nord… . Je note toutes ces infos car c’est vraiment une région que je veux absolument faire.

    • merci de ton commentaire, je me fais VRP de cette belle région souvent délaissée par les touristes qui lui préfèrent le Connemara. L’Iralnde du nord est une petite perle 🙂

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