Pologne

flag_of_poland-svg

 

Ce grand pays d’Europe Centrale a une histoire bien mouvementée. Fondée au XIe siècle, la Pologne est une monarchie jusqu’en 1772, date à laquelle le pays disparaît, éclaté entre la Prusse, l’Autriche et l’Empire russe. Il faudra attendre la fin de la Première Guerre mondiale pour que la Pologne soit reconstituée et devienne une république. La Pologne disparaît néanmoins très vite, envahie en 1939 par le IIIe Reich d’un côté et par l’URSS de l’autre. A la libération, la Pologne redevient un pays mais ses frontières se sont décalées de 300 km vers l’ouest, empiétant sur des territoires jusque là allemands et perdant à l’est des territoires au profit de l’URSS. Elle est de facto un état-satellite soviétique. Elle devient une république parlementaire en 1990 lorsque le syndicat Solidarność remporte les élections portant Lech Wałęsa au poste de président. Avide de s’éloigner de la Russie, la Pologne rejoint l’Union Européenne en 2004 mais garde sa propre monnaie, le złoty. On ne s’étonnera donc pas que les Polonais soient fiers de leur pays après toutes ces péripéties.
J’ai eu la chance de visiter Cracovie, au sud du pays, l’ancienne capitale des rois, mais aussi de visiter un peu la région avec une escapade à Wieliczka et une autre à Oświęcim où se situent les camps d’Auschwitz-Birkenau.

CRACOVIE

img_6819

Classée au patrimoine de l’UNESCO depuis 1978, Cracovie est l’ancienne capitale de la Pologne, la ville des rois. Cracovie a plusieurs visages. Elle est d’abord la capitale royale avec un centre-ville médiéval pavé qui a énormément de charme (pour une visite détaillée de la vieille ville, merci de lire mon article). Au centre de la ville se trouve Rynek Główny (place du marché). Elle s’enorgueillit d’être la plus grande place médiévale d’Europe. La place est toujours animée, surtout le week-end. La Halle aux draps au milieu date du XIVe siècle et est remplie désormais de petits artisans. Au coin de la place, on ne peut pas rater l’église Notre-Dame avec son plafond étoilé remarquable et son trompettiste qui joue toutes les heures le hejnał, une mélodie qui s’arrête subitement, symbole de la ville.

L’autre point touristique de Cracovie, c’est son château qui domine la ville. Le château du Wawel serait là où la ville est née au XIe siècle. Tous les rois de Pologne sont enterrés dans la crypte de la cathédrale du château, ainsi que des illustres poètes (considérés comme pères de la nation), et même l’ancien président Lech Kaczyński. Le château superpose plusieurs styles architecturaux, c’est un peu déroutant mais ça le rend unique. On peut y passer des heures entre la visite des salles royales, les appartements royaux, la cathédrale, la crypte, l’armurerie, le musée de la cathédrale, le musée Jean-Paul II etc.

Au sud de la vieille ville, on trouve l’ancien quartier juif de Kazimierz. Longtemps laissé à l’abandon après la Seconde Guerre mondiale, il a trouvé un nouveau souffle depuis le tournage du film La Liste de Schindler. S’il garde son passé juif, il ne reste que peu de synagogues (2 sur les 120 d’avant-guerre). Avant la guerre, un quart de la population de Cracovie était juive mais les Juifs furent persécutés par les Nazis jusqu’à être expulsés de leur quartier et enfermés dans le ghetto en 1941. Désormais Kazimierz revit, entre son envie de préserver ce passé juif et sa soif de s’ancrer dans le présent. Beaucoup d’artisans et artistes y ont élu domicile avec des galeries, des boutiques de fringues vintage, des concept stores, des ateliers, des food trucks et des musiciens, et du street art à chaque coin de rue. Bref, c’est un quartier à ne pas rater. Pour une visite plus complète, n’hésitez pas à consulter mon article sur le quartier: Kazimierz.

Dans les heures sombres de l’Histoire de Cracovie, on ne peut pas éviter la visite du quartier de Podgórze, l’ancien ghetto. Je ne vais pas le cacher, le quartier est assez délabré même si ici et là on voit quelques tentatives de réhabilitation en cours. Ici vivaient 17 000 Juifs parqués entre les murs du ghetto que les Nazis avaient érigés en forme de tombes juives, histoire de bien rappeler à leurs prisonniers quel était leur sort. Le célèbre réalisateur Roman Polanski a vécu dans ce ghetto. Aujourd’hui on vient principalement dans ce quartier pour visiter l’usine d’Oskar Schindler ou le musée d’art moderne à côté (le MOCAK).
La place  Bohaterów Getta (place des héros du ghetto) est incontournable dans le quartier devenu ghetto dès 1941. C’était la plus grande place du ghetto et donc le théâtre d’horreurs et humiliations. C’est ici que les Juifs étaient rassemblés lors des purges et des sélections pour les camps. Les Nazis y fusillaient aussi des Juifs pour l’exemple. La place a été réhabilitée en 2005 avec des chaises vides pour commémorer ceux qui sont partis et leur absence.

Non loin de là, on peut visiter l’usine d’Oskar Schindler, celle du film La Liste de Schindler. Transformée en 2010 en musée de l’occupation nazie de Cracovie, sa visite est aussi instructive que glaçante. La scénographie permet de s’immerger dans le Cracovie des années 1940 avec de nombreux documents et reconstitutions. Même si le musée ne se consacre pas principalement à l’histoire d’Oskar Schindler, on nous rappelle qu’il a sauvé 1100 Juifs d’une mort certaine en les faisant travailler dans son usine, sans cacher qu’il en tirait aussi des bénéfices puisqu’ils étaient très peu payés.


WIELICZKA

La ville de Wieliczka est en périphérie de Cracovie (25min en train). Si les touristes s’y précipitent, ce n’est pas tant pour ces petites rues paisibles que pour ses mines royales de sel inscrites au patrimoine de l’UNESCO depuis 1978. La visite guidée vous fera descendre jusqu’à 160 m de profondeur. Ce site est donc « profondément » étonnant. Absolument tout ce qu’on y voit est fait entièrement en sel (faites l’expérience de lécher les murs, du pur NaCl!). Les mines ont été exploitées dès le XIIIe siècle jusqu’en 1996. Les galeries vous emmènent de plus en plus profond (800 marches) et on découvre dans chaque salle un univers différent. Certaines salles vous expliquent l’histoire de la mine et le côté un peu technique, d’autres salles sont là purement pour impressionner le visiteur comme la chapelle Sainte-Kinga avec ses lustres et ses statues en sel, ou encore le lac souterrain. Vous croiserez aussi des nains (dans une mine, forcément!), un dragon, et même Jean-Paul II.


AUSCHWITZ – BIRKENAU

birkenauSitués près de la ville d’Oświęcim (Auschwitz en polonais), les camps nazis d’Auschwitz (Auschwitz I) et Birkenau (Auschwitz II) sont des témoins indispensables de notre Histoire. Ouverts dès 1940, les camps d’Auschwitz ont été le théâtre de l’Holocauste, les Nazis y ont assassiné 1,1 millions de personnes, en majorité des Juifs, mais aussi des opposants politiques, des Tziganes et des prisonniers soviétiques. 80% d’entre eux ont été emmenés à la chambre à gaz dès leur arrivée, les autres étaient forcés de travailler et de survivre dans des conditions inhumaines. Les camps ont été transformés en mémorial et musée dès 1947. La visite d’Auschwitz-Birkenau prend plusieurs heures. D’avril à novembre, la visite est obligatoirement guidée (et heureusement, les explications sont indispensables) et dure 3h30. Derrière la célèbre entrée Arbeit macht frei dans la partie Auschwitz, on visite différents baraquements tout en nous expliquant comment cela se passait dans les camps, on nous montre comment les prisonniers arrivaient là, comment ils vivaient, et comment ils mouraient aussi. De ce côté, la visite se finit dans le fond du camp par la chambre à gaz. Puis on prend le bus pour aller dans la partie Birkenau 3 km plus loin. Birkenau était la partie extermination des lieux, il y avait 4 chambres à gaz qui furent dynamitées par les Nazis avant leur fuite. L’étendue de Birkenau est immense mais peu de baraquements sont encore debout. La visite est difficile, je ne le cache pas, mais elle est très instructive et permet de toucher du doigt cette période sordide pour ne jamais oublier. Entrée avec guide: environ 10€. Pour découvrir ma visite détaillée, merci de lire mon article.

Publicités