Voyager au Canada sans voiture: itinéraire

call it a plan

De retour du Canada depuis quelques jours, je vous livre mon premier article sur mon périple. Je suis partie 10 jours, plus de 1400 kilomètres parcourus à travers les régions du Québec et de l’Ontario, et tout ça sans voiture. Voici donc mon itinéraire sans voiture, entre facilités et contraintes. 

J’ai été un peu naïve lorsque j’ai réservé mes billets d’avion 6 semaines avant de partir au Canada. J’avais une courte fenêtre pour partir entre fin septembre et mi-octobre, cela faisait des années que je rêvais de partir voir les couleurs de l’automne là-bas, c’était l’occasion rêvée. La quasi-totalité des voyageurs au Canada font des road-trips mais partant seule et sur une courte période, je n’avais pas envie de me stresser à conduire. J’allais vite réaliser que mon idée était un peu excentrique. J’ai réagi comme une Européenne, je me suis dit que je prendrai le train pour me déplacer, facile. En Europe, j’ai l’habitude de rayonner autour d’une ville en transports en commun. Carte du Canada en mains, j’ai défini un itinéraire classique mais facilement réalisable en train: Québec > Montréal > Ottawa > Toronto en me disant que je pourrai également sortir de ces villes pour voir un peu la nature. Je me suis vite rendue compte que c’était un challenge, et quelque chose d’inhabituel vu les réactions des Canadiens que j’ai rencontré pendant mon voyage.

Canada 150

Le premier obstacle fut d’acheter lesdits billets de train. Le site VIA Rail (les trains canadiens) est bien fait mais n’acceptait pas mon paiement par carte bancaire. Je suis donc passée via une agence française agréée appelée Discovery trains. Très efficace, l’affaire était réglée en quelques emails spécifiant mes trajets, horaires et préférences. Pour mes 3 trajets + leur commission, il m’en aura coûté 100€.

Ce que je ne savais pas, c’est qu’il y a peu de lignes de train au Canada. Les Canadiens ne prennent d’ailleurs que très peu le train, là où nous le prenons comme une évidence. De plus, les trains ne sont pas franchement plus rapides que les bus. Alors oui, il est possible de voyager au Canada sans voiture, mais il faut être prêt à s’adapter aux contraintes du manque de transports en commun.

Etape 1: Québec

La ville de Québec est un très bon point de départ lorsque, comme moi, on effectue son premier séjour au Canada. La ville est plus petite que ce que j’avais imaginé, et en tant que Française, je m’y suis sentie tout de suite comme à la maison. Il n’y a donc pas de gros choc culturel en arrivant. Mais, lorsqu’on voyage sans voiture, il y a un inconvénient à souligner: il n’y a pas de transport en commun pour faire le transfert de l’aéroport au centre-ville. Le taxi est obligatoire, et ils sont tous au même tarif (environ 22€). La ville en revanche se fait à pied sans problème et sans se fatiguer.

Québec 2Québec

Pour sortir de la ville, je ne suis pas allée chercher très loin. Je suis allée au parc de la chute Montmorency. Facile d’accès avec le bus 800 (environ 2€ par trajet), il faut compter 45 min de trajet car c’est le terminus. Même si le parc est proche de la ville, cela m’a permis de voir les couleurs dans les arbres et la chute m’a impressionnée.

Montmorency 2Montmorency

TRAIN: Québec > Montréal

Le trajet m’a pris 3h11 précisément. Particularité des trains canadiens, vous n’avez droit qu’à 18 kg donc on pèse les valises. On vous propose même d’enregistrer votre valise volumineuse comme dans un avion car il y a un wagon réservé pour les valises. Le train était très vieillot à l’intérieur, avec la climatisation à fond. Et il a klaxonné non-stop pendant tout le trajet (pour éloigner les animaux?). Ce n’était donc pas le voyage en train le plus agréable de ma vie mais j’étais quand même captivée par les paysages qui défilaient. A noter qu’il y a du personnel à bord avec un chariot pour vous proposer boissons et snacks payants.

Québec Montréal train

Etape 2: Montréal

Même si je me suis un peu perdue en arrivant à la gare de Montréal (« mais où est ce fichu métro??), il est très facile de se déplacer à Montréal puisque la ville dispose d’un réseau de métro. Montréal, c’est la ville préférée des voyageurs et des expatriés. Le français y côtoie l’anglais dans une ambiance à la fois frénétique et détendue. J’y ai passé 3 jours (enfin 2 jours en réalité puisque je suis sortie de la ville), et ce n’était vraiment pas assez pour pouvoir l’appréhender ou la connaître comme il faut.

MontréalMontréal 2

Pour sortir de la ville, ce fut un petit challenge. Cette fois, je voulais la nature, la vraie. Je voulais les grands espaces. J’avais jeté mon dévolu sur le parc national du Mont-Tremblant. Aucun train régional à l’horizon, j’ai fini par trouver un autocar, non sans mal (ligne de bus Galland, environ 40€ l’aller-retour). Par chance, mon auberge de jeunesse était située à 2 rues de la gare routière de Montréal (rue de Berri) donc facile d’accès. Il me faudra 3 heures pour rejoindre le parc…mais en réalité l’autocar nous a laissé au bord de l’autoroute à une station service. Tout le monde a ensuite attendu le bus du coin pour relier le village de Mont-Tremblant. Mais il faut compter encore quasiment une heure de trajet. Cependant, ce long trajet n’était pas pour rien. Le site du Mont-Tremblant est en fait une station de ski qui, à l’automne, sert de base pour les randonnées. Les couleurs s’offraient à moi, telles que je les avais toujours rêvées.

Mont-TremblantMont-Tremblant 2

TRAIN Montréal > Ottawa

Le trajet m’a pris deux bonnes heures. Cette fois-ci, le train était moderne et très confortable. Même principe de service de restauration ambulante à bord.

Montréal Ottawa train

Etape 3: Ottawa

Ottawa est la capitale tranquille du Canada. J’ai souvent entendu des Canadiens la décrier lors de mon voyage mais j’ai apprécié ce retour à une ville sans gratte-ciel après les hauteurs de Montréal même sous le ciel gris.

Ottawa

Pour sortir de la ville, j’ai triché. J’ai en fait fait le crochet par Ottawa pour rencontrer Marie et Michaël, un couple de blogueurs acadiens (entre 2 escales) qui ont eu la gentillesse de me consacrer toute la journée et m’ont donc emmenée en voiture en dehors de la ville, dans le parc de la Gatineau. L’ambiance était très automnale puisque c’est une pluie incessante et un brouillard épais qui nous ont accueillis. Cela ne nous a pas empêché d’apprécier la balade en forêt.

parc de la Gatineau

TRAIN Ottawa > Toronto

C’était le trajet le plus long de mon voyage puisqu’il a duré 4h30. Mais le train était confortable et le trajet agréable car on longe le lac Ontario.

Ottawa Toronto train

Etape 4: Toronto

Toronto est la plus grande ville du pays. Je m’y suis sentie un peu comme à New York, entourée par les gratte-ciel et la circulation. Elle est pourtant accueillante. Pour se déplacer, on peut utiliser le réseau du métro ainsi que les street cars (sorte de tramways qui circulent au milieu des rues et dont je n’ai pas vraiment compris le fonctionnement car je n’ai pas eu l’occasion de les utiliser). Particularité de Toronto, il n’y a pas de ticket de métro mais des jetons, il m’a fallu plusieurs minutes pour comprendre où acheter des tickets avant de voir qu’il n’y en avait pas! Ça a un petit air désuet de mettre le jeton dans la machine en passant.

TorontoToronto cn tower top

Mon escapade hors de la ville n’était pas vraiment en pleine nature mais c’était incontournable: les chutes du Niagara. Là encore, c’est tout à fait faisable en bus (ou en train, mais très peu de trains). Il ne faut que deux heures de trajet avec la compagnie Greyhound depuis la gare routière de Bay street (environ 20€ l’aller-retour). Je n’ai pas eu beaucoup de chance, le bus avait une heure de retard, n’était pas hyper confortable mais j’y ai fait des rencontres. Le bus n’arrive cependant pas aux chutes, malgré le nom de l’arrêt! Il faut donc ensuite reprendre un bus local We Go (environ 5€ pour le pass de 24h) qui vous emmène sur le véritable site des chutes. Je devais passer 4h30 aux chutes mais entre le retard du bus et le fait que le dernier bus retour pour la gare routière de Niagara nous faisait arriver plus d’une heure avant le bus pour Toronto, je n’y ai passé que deux heures. C’était suffisant pour faire des photos et un tour en bateau, mais un peu rapide quand même. Bref leurs histoires de bus se goupillent très mal.

chutes du Niagara

Voilà, j’espère avoir pu démontrer qu’il n’y a pas que les road-trips au Canada et qu’on peut tout à fait faire un itinéraire riche même sans voiture.

the city

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16 réflexions sur “Voyager au Canada sans voiture: itinéraire

    • oui, ça ne leur fait pas peur d’enchaîner les kilomètres…d’ailleurs un Canadien n’a pas voulu me croire quand je lui ai dit qu’on allait en Angleterre en train, il a cru que je me fichais de lui lol

  1. Je suis sûre que j’avais pris le bus à la sortie de l’aéroport de Québec, mais j’avais dû changer et prendre un second bus pour aller retrouver ma hôte ! et pour le klaxon, c’est à cause des passages à niveau, pas des animaux 🙂
    Tu t’en es bien sortie pour du sans voiture ! C’est effectivement un défi, ma première année je suis restée que dans les villes pour ça et maintenant je suis bien contente d’avoir un copain véhiculé, en attendant un jour de passer mon permis, vraiment indispensable…

    • Merci pour ton commentaire. Alors sur le site de l’aéroport j’avais vu qu’il y avait un bus mais qui n’allait pas en centre-ville, pas pratique :/ Je vois que tu as trouvé le bon plan avec ton copain hehehe vous bougez beaucoup du coup?

  2. WôôW quel magnifique périple! Tu m’impressionnes toujours avec ta capacité et ta facilité à te déplacer dans un endroit inconnu. Et là franchement ce n’était pas gagné apparemment. Tes photos sont magnifiques. J’ai passé un très bon moment à te lire. Continue de me (nous) faire rêver 😉

    • Merci pour ton commentaire. Certes on est moins libre de son itinéraire sans voiture mais on peut faire un beau voyage quand même. Et le co-voit est très utilisé aussi visiblement

  3. En te lisant, je me dis que véritablement, si un jour je vais au Canada, il me faudra le permis de conduire.
    Tes photos sont extraordinaires, j’aime beaucoup ces couleurs aussi chaudes pour une saison qui annonce le froid.
    Et du coup, en 10 jours c’est suffisant pour faire ton trajet, parce que clairement je me dis pour un premier voyage au Canada (je ne sais pas quand) ce serait clairement l’itinéraire que je ferais …

    • Je ne cache pas que c’était assez intense sur 10 jours. Mais grâce au décalage horaire j’étais levée tous les matins vers 5h30 et j’ai donc eu de bonnes grosses journées pour profiter. J’aurais sûrement trouvé ça moins intense si j’étais restée dans les villes, je me suis un peu compliqué la vie avec mes escapades mais ça valait tellement le coup!!

  4. Je suis amoureuse du Québec alors j’ai littéralement dévoré ton article 🙂 Pour Québec et le non dépaysement j’ai eu le même sentiment que toi, mais j’ai adoré la vieille ville ! Montréal j’en suis amoureuse ! Je ne connaissais pas Mont-Tremblant, tes photos sont superbes, ça m’a émue de revoir la beauté de l’automne canadien ! Je ne connais pas non plus le Canada anglophone mais j’ai l’intention d’y remédier un jour 🙂

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