Inis Mór : Beauté et tranquillité des îles d’Aran

Situées à une cinquantaine de kilomètres au large de Galway, les îles d’Aran furent un de mes coups de cœur de ma semaine en Irlande en septembre dernier. Je rêvais d’y aller depuis mon adolescence, après avoir vu des photos de ces îles avec leurs murets. J’ai donc profité de mes quelques jours à Galway pour m’y rendre et enfin explorer ce petit territoire.

Il faut une heure et demie de traversée depuis le port de Galway jusqu’à Inis Mór. La journée ne commençait pourtant pas sous les meilleurs auspices puisque j’ai pris le bateau sous la pluie, le vent et le froid. Et comme par miracle, cinq minutes avant notre arrivée, j’ai vu le soleil percer les nuages au-dessus des îles. C’est donc avec un beau ciel bleu que j’accoste au port de Kilronan et que je découvre ses eaux cristallines.

Inis Mór

Célèbre pour les pulls en laine, j’ai été séduite par Inis Mór (ou Inishmore en anglais, ce qui signifie « la grande île »). Tout d’abord, on y parle irlandais, l’anglais n’est que la deuxième langue. Ne vous étonnez donc pas de voir tous les panneaux exclusivement en irlandais.

De plus, les voitures y sont proscrites (sauf celles des 800 riverains et les vans pour promener les touristes). C’est donc une île très paisible. On peut y circuler en cariole à chevaux (qu’on trouve dès la sortie du bateau) ou à vélo (loueurs situés sur le port). J’ai choisi cette dernière option. L’île ne fait que 14 km de long, et est plutôt plate, on peut donc l’arpenter facilement. Elle est parsemée de murets en pierres sèches parcellant le territoire de milliers de petits champs pour les vaches et les chevaux. En effet, les îles d’Aran sont composées de karst, roche typique de la région irlandaise du Burren située juste en face de l’archipel. Rien ne pousse sur ces terres austères.

Avec l’absence de voitures, je dois dire que j’ai ressenti un véritable sentiment de liberté à parcourir l’île à vélo. J’ai longé la côte nord de l’île, dans l’espoir d’apercevoir des phoques, mais ils ne se sont pas montrés. Les paysages étaient néanmoins grandioses et je me suis beaucoup arrêtée pour prendre des photos, profiter d’un moment seule face a l’océan, ou manger des mûres le long des murets.

Le vent soufflait en rafale, il faut dire qu’il n’y a rien sur l’île pour l’arrêter. J’ai donc roulé contre le vent jusqu’à la plage de Kilmurvey et ses eaux turquoises. J’ai même croisé des personnes assez courageuses pour se baigner malgré la tempête de sable. En apercevant la plage au loin, je m’étais dit que cela serait le spot parfait pour pique-niquer, mais les bourrasques faisaient tournoyer le sable et j’ai dû me réfugier derrière un muret pour manger à l’abri.

Puis j’ai bifurqué sur la côte sud pour me rendre au château de Dún Aonghasa, une forteresse semi-circulaire impressionnante de l’âge de fer qui domine l’océan atlantique. On ne peut se rendre aux falaises à vélo, il faut le laisser sur un parking (personne n’a d’antivol) et marcher un bon quart d’heure. Avec ses falaises de 100 m de haut qui tombent à pic dans l’océan, le site est spectaculaire… et certains touristes assez imprudents.

Sur le chemin du retour, je suis repassée par la côte nord, et cette fois, les phoques étaient au rendez-vous, tranquillement en train de se réchauffer au soleil. Si j’avais déjà aperçu quelques phoques en Écosse et en Islande, c’est la première fois que je voyais une colonie se prélasser au bord de l’eau. J’étais tellement contente de les voir!

Puis j’ai pris le temps d’aller acheter un pull avec les fameuses torsades (j’en rêvais depuis mes 14 ans) et de manger une glace sur la plage avant de reprendre le bateau.

Les falaises de Moher par la mer

Dès que le bateau a quitté Kilronan, le ciel s’est de nouveau assombri. La traversée du retour est plus longue (2h30), car le ferry longe les deux autres îles de l’archipel: Inis Meáin (ce qui signifie « l’île du milieu ») et Inis Oírr, la plus petite (« l’île de l’est »). L’occasion d’apercevoir l’épave du Plassey, échouée sur les cailloux depuis 1960.

Le ferry remonte ensuite le long de la côte du Burren pour s’approcher des fameuses falaises de Moher. Je les avais vues de la terre il y a quelques années, mais elles sont peut-être encore plus impressionnantes vues de la mer. Il faut dire que la houle à ce moment-là était assez forte, si bien que nous les apercevions seulement quand le bateau penchait à gauche (estomacs sensibles, s’abstenir!). Tout le monde se précipite à gauche du pont du bateau dès que les falaises sont en vue, mais je conseille de patienter et de rester à droite puisque le ferry les longe ensuite de ce côté (tout le monde se bat pour la vue!). On peut apercevoir la grotte qui figure dans Harry Potter (le Prince de Sang mêlé).

Les falaises de Moher s’éloignant, tout le monde cherche une place à l’intérieur du ferry pour se réchauffer et se sécher. Je ne prends pas souvent le bateau alors je suis restée dehors à subir la houle avec quelques rares passagers, à discuter avec eux, trempés par les vagues qui éclatent au-dessus de nos têtes. À vrai dire, cela nous fait même rire de nous prendre des vagues sur le visage. À mesure que l’on se rapproche de la baie de Galway, le ciel se dégage et deux dauphins suivent le ferry. Un petit moment magique que je n’aurais pas pu vivre si je n’étais pas restée sur le pont. Quelques minutes plus tard, c’est même une baleine de Minke qui pointe son aileron. Une journée parfaite.

CARNET PRATIQUE

  • traversée Galway – Inis Mór: Aran Islands ferries (55€ aller-retour via les falaises de Moher, journée entière)
  • location de vélos: Aran bike hire (sur le port, tarifs à la journée, 20€ pour un vélo, 40€ pour un vélo à assistance électrique)

2 réflexions sur “Inis Mór : Beauté et tranquillité des îles d’Aran

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